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Un bouquet du fond du jardin et du fond du coeur

Dernières nouvelles de Casamance

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Une synthèse d’informations prélevées dans les journaux et recueillies auprès de divers contacts locaux.

Officiellement à ce jour, 412 cas ont été déclarés positifs au Sénégal dont 242 guéris. Cinq patients ont succombé à la maladie et un autre a été évacué vers la France. En tout, 164 patients sont encore sous traitement dans les hôpitaux.

Communiqué du 16 avril

Tout récemment encore (16 avril), il n’y avait pas de décès Covid 19 à Ziguinchor, un cas confirmé à Lindiane et une quarantaine de cas contacts placés en confinement dans un hotel.  

Ce nombre limité de cas au Sénégal est assez exceptionnel. Bien sûr les gens ne viennent pas forcément à l'hôpital et peuvent décéder chez eux mais si le chiffre des décès augmentait beaucoup il serait impossible de le cacher. Sur ce caractère exceptionnel, des hypothèses sont émises : l’âge moyen de la population (60% de moins de 20 ans), le régime alimentaire qui préserve des affections favorables à la maladie, … Espérons que ce  « mystère sénégalais »  permettra d’éviter une catastrophe. Les mesures préventives en sont sans doute aussi une cause.

Il est impossible de circuler d'une région à une autre, d'un département à l'autre et parfois d'une ville à l'autre selon le découpage, par exemple pas possible de se rendre à Brin si on habite à Ziguinchor. Les pirogues villageoises ne circulent plus. Le couvre-feu démarre à 20 heures jusqu'au petit matin ; seuls les camions d'approvisionnement circulent. Il y a très peu de dérogations avec des consignes extrêmement sévères. Pour exemple à Elinkine une pirogue de pêche ghanéenne était sortie puis rentrée avec un nombre de pêcheurs supérieur lors du retour. Les autorités ont mis d'office tous les pêcheurs en quatorzaine.

Si l’approvisionnement est parfois difficile, il n'y a pas pour l’instant de pénurie alimentaire, du moins en Basse Casamance. Mais une aide alimentaire d’urgence pour les plus démunis (riz, d’huile, sucre, pâtes, savon) est en cours d’acheminement dans tout le Sénégal et les familles nécessiteuses en cours de recensement avec l’aide des chefs de village ou de quartier.

Bien évidemment le tourisme est à l’arrêt ; les hôtels sont fermés : nos pensées amicales vont à ceux qui nous y accueillent lors de nos passages à Ziguinchor.

 Le trafic aérien est suspendu depuis le 23 mars et le président Macky Sall a reporté, pour l’instant, à fin mai la reprise du trafic aérien au Sénégal. Pour les Français qui veulent revenir en France, quelques rares vols spéciaux sont programmés par Air France.

Continuité du fonctionnement de l’association

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Si les retrouvailles à Super-Besse ont dû être annulées et l’assemblée générale reportée, et si les activités de l’association sont forcément à l’arrêt, la gestion courante et la réflexion sur notre organisation et nos initiatives pour « après » font l’objet de concertations à distance par visioconférence.

Le bureau s’est réuni  le 31 mars puis le 21 avril : situation en Casamance, bilan de la mission mécanique de Guy, situation financière, décisions de report de missions ou d’échéances, …

La commission mécanique, en formation restreinte, a préparé des propositions pour la recherche de véhicules et de pièces détachées, et une organisation décentralisée pour la préparation des véhicules de futurs convois.

Evidemment, la situation en France et au Sénégal fait qu’aucune décision ne peut actuellement être prise sur les dates de futurs convois ou de futures missions médicales.
Incertitude également sur la programmation de futures retrouvailles et de la prochaine AG.

Un bulletin d’informations complètes sera préparé pour fin mai

Un conseil d’administration sera réuni (par visio) le 29 avril
pour examen de la situation et décisions relatives à la continuité de notre fonctionnement

Un peu de gaieté… pédagogique

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C’était peu avant la crise.

Comme chaque année en janvier-février depuis 2007, un groupe de jeunes professeurs d’école stagiaires effectue un séjour pédagogique dans deux écoles de Ziguinchor que nous connaissons bien : l’école des petits, Harmonie, du quartier de Kobitène, et l’école primaire Marie-Affinco Diatta.

Phillipine, Eloïse, Virginie et Constance sont parties du 20 janvier au 14 février et ont  réalisé un compte-rendu simple et sympathique de leur expérience sous la forme d’une petite vidéo sur Youtube qu’elles ont bien voulu nous faire partager.

https://youtu.be/GfdTarkZcdo

Coronavirus : au Sénégal et en Afrique aussi

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Dans cette période de confinement qui impose à chacun de prendre soin de lui et de son proche entourage, nous pensons aussi aux amis éloignés qu’on ne peut pas aider, parfois pas joindre, et pour nous aux casamançais, qui doivent comme nous se protéger et être protégés.

Pour l’heure, l’ensemble des pays d’Afrique ont pris des mesures radicales pour stopper la progression du virus. Au Sénégal, état d’urgence sanitaire avec fermeture des frontières aériennes et couvre-feu pendant la nuit ; écoles et universités fermées ; lieux de culte fermés ;manifestations publiques interdites ; un confinement comme en France, mais sans doute pas facile à appliquer partout.

Pour l’heure, le nombre de cas déclarés reste très limité, mais évidemment les exemples que nous connaissons en Europe ou aux Etats-Unis font redouter une propagation.

Il faut donc espérer que les mesures seront efficaces et  que les moyens de détection et de soin arriveront partout, à temps.


Mise à jour quotidiennement, la carte [de l'OMS] dresse le panorama en temps réel de l’état d’avancée de la maladie. En passant votre souris sur chaque pays, vous pourrez visionner le nombre de cas actifs confirmés, de victimes, mais aussi les différentes mesures de restriction mises en place. Extrait du magazine "Jeune Afrique"

Une mission mécanique bien remplie

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Notre ami Guy Mascher vient d’achever en Casamance une nouvelle mission de suivi mécanique du parc des voitures que notre association a acheminées au cours des précédents convois, et affectées à des postes de santé. Comme chacun sait, la réparation des véhicules est réalisée par un garage de Ziguinchor. Outre l’expertise qu’il peut apporter aux mécaniciens locaux grâce à sa grande connaissance de ces voitures, le rôle de Guy est surtout d’apporter son expertise aux utilisateurs pour l’entretien courant et pour le diagnostic des pannes, souvent à titre préventif et pour éviter que des voitures soient hors service. Il est pour cela en relation avec les infirmiers chefs des postes de santé et avec les conducteurs qu’il rencontre lors de tournées dans la région ou à leur demande.

Il constate que les voitures acheminées depuis les années 2010 ont une bonne durée d’utilisation notamment grâce à ce suivi. Cependant les conditions locales les mettent à rude épreuve : la poussière de latérite et la chaleur sont les principales causes d’usure ou détérioration prématurée, y compris des moteurs eux-mêmes.

Guy tient un inventaire détaillé des réparations qu’il a fallu faire : cela permet aussi d’améliorer en amont la préparation des véhicules suivants et de les équiper de manière préventive de dispositifs adaptés comme l’ajout des filtres à air, le remplacement des radiateurs par un modèle plus efficace que le modèle de série, et différents réglages et capteurs modifiés.

Cela permet également de prévoir les pièces détachées les plus utiles et notamment celles qui sont difficiles à se procurer sur place.

Le bilan est très encourageant : au moins 50 voitures sont en bon état de fonctionnement dans les seules régions de Ziguinchor et Sedhiou, la sous-région de Kolda ne pouvant pas actuellement être suivie de la même manière.

Un repas, au profit de notre action

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Le repas auvergnat avec animation musicale, programmé le samedi 14 mars en salle des fêtes d'Olby, a dû être annulé in-extremis et remplacé par une vente à emporter.

Il fallait respecter les mesures sanitaires nationales annoncées la veille même de l'événement.
Cet événement devait réunir 130 participants inscrits et plus de 20 musiciens dont de jeunes virtuoses, élèves du Cnima.

Il a donc été remplacé par une vente à emporter des plats déjà préparés (potée auvergnate, pommes au four, etc...) : la quasi-totalité des inscrits sont venus acheter leurs parts au cours de la matinée de samedi, tout en respectant les gestes-barrière qui s'imposent désormais.

En sorte que l'opération a été bénéficiaire, en dépit du mauvais sort.


Pour la musique, ce n'est que partie remise !

Remerciements à tous !


Hommage à Jean Lassalas

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Jean Lassalas, Président d'honneur et fondateur de notre association s'est éteint le 16 janvier 2020.

Arrivé en Casamance au début des années cinquante, il crée sa propre activité d'électricien à laquelle il va rapidement rajouter la création d'un cinéma qui reste encore dans la mémoire des casamançais et il y rencontre sa future épouse avec qui il va fonder une famille.

Contraint comme beaucoup de ses compatriotes de quitter le Sénégal au moment de l'indépendance en 1960, il reste meurtri à l'idée d'abandonner sa seconde patrie et ambitionne de la retrouver un jour.

Tout en gardant des liens avec des casamançais, ce n'est que bien plus tard, dans les années quatre vingt, qu'il organise avec des amis ayant connu la même expérience un séjour à Ziguinchor. La rencontre avec des religieuses qui gèrent des postes de santé et des écoles dans les villages va être déterminante. Les populations de Casamance y vivent isolées et coupées de l'accès aux soins dispensés dans les hôpitaux par manque de moyen de transport. De trop nombreuses personnes en subissent les séquelles à vie et d'autres en meurent.

C'est alors le « déclic ». L'idée d'amener des voitures dans ces villages prend forme. En 1993, ce sera la première « opération 4L ». Celle-ci, menée avec des amis mécaniciens et d'autres volontaires, donne le départ d'une série de convois qui transporteront du matériel médical, mécanique et informatique, qui viendra en aide aux centres de formation, aux écoles et appuieront les missions médicales dans les villages en les équipant de voitures ambulances.

En novembre dernier, conscient qu'il ne faut plus trop tarder en raison de son âge, il organise son n-ième séjour en Casamance pour accueillir la treizième « Route de la Solidarité et de l'Amitié » composée de dix huit voitures et trois fourgons qui arrivera à Ziguinchor le 18 novembre 2019.

Jusqu'à la dernière heure, son regard sera tourné vers la Casamance. Elle l'a envoûté et il l'a regardée avec passion. Il y a entraîné ses amis, il a usé de sa pugnacité, de son talent de conteur, de sa fidélité en amitié, de son sens de l'humour, pour les convaincre de s'engager. Il a donné son temps avec générosité et de manière désintéressée, il a tissé des liens souvent amicaux avec les responsables politiques et économiques de cette région. Il n'a jamais baissé la garde et les a tous accompagnés aussi loin que possible dans son aventure, toujours tourné vers le mieux être des populations de Casamance.

Il nous a quittés en nous confiant la responsabilité de perpétrer son action qu' il a toujours souhaitée empreinte de solidarité et d'amitié. Nous n'avons pas le droit de le décevoir.

D’une grange à l’autre

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Depuis de nombreuses années, l’association loue à Olby une ancienne grange qui sert d’entrepôt où sont rassemblés les matériels qu’on achemine en Casamance lors des convois. L’endroit est bien connu de tous ceux qui, la veille d’un grand départ, sont venus là remplir l’arrière de « leur » Kangoo de cartons, boîtes et objets de toutes sortes, avant d’ajouter leurs effets personnels dans l’espace restant. Les propriétaires ont repris leur bien pour d’autres usages, une vente peut-être.

Après d’actives recherches, une autre grange a été trouvée non loin de là, mise à disposition par un propriétaire désireux d’apporter ainsi son soutien à notre action.

Il restait à déménager, et c’est chose faite. Une petite équipe autour de Jean-Pierre, responsable du lieu,  a, en cette journée du 19 février et trois allers-retours de fourgon, transporté armoires, étagères et stock de matériels vers ce nouveau local spacieux.

Qu’on se rassure, il y a aussi devant la grange de la place pour un ballet de kangoos la veille du prochain départ…